Projets

Projets portés par la Chaire

Les projets portés par la Chaire sont financés par la Chaire et alignés sur les objectifs fixés par la note de cadrage du projet. Un premier objectif est de participer à la transformation des systèmes de comptabilité, dans leurs finalités et dans leur structure, afin qu’ils deviennent des outils d’aide à la décision au bénéfice du vivant (humain et non humain), dans une logique exigeante et fondamentale de durabilité forte. Un deuxième objectif, indissociable et complémentaire, est d’assurer l’articulation de ces comptes de l’échelle organisationnelle jusqu’à l’échelle nationale. Les comptes écosystémiques ou "écosystèmes centrés", permettront d’assurer cette connexion, en organisant les responsabilités individuelles et collectives d’acteurs d’un même territoire, à des fins de gestions collectives d’un écosystème.

Thèse 1 : Étude et articulation des dettes et créances écologiques de l’échelle de l’organisation à l’échelle nationale

Doctorant : Clément Surun
École doctorale : ABIES-AgroParisTech
Direction : Harold Levrel (Directeur de thèse), Clément Feger (co-directeur)
Début : Avril 2019

Problématique

Recherche et développement d’une articulation cohérente entre le niveau micro (organisations) et macro (échelle nationale) de la comptabilité écologique sous le prisme des dettes et créances écologiques.

Résumé du projet de thèse

L’objet de cette thèse est de travailler sur l’articulation entre la grande diversité des formes prises par le reporting externe des entreprises et la définition des conventions et des nomenclatures structurant les comptes centraux et satellites de la comptabilité nationale, mais aussi de tester le renseignement des comptes écologiques à ces deux échelles. Comment en effet les impacts mesurés et rapportés par chaque organisation ou secteur d’activité à un niveau individuel peut-il être évalué à un niveau agrégé ? Par rapport à quelles limites et standards fixés ou négociés au niveau national ? Pour mener à bien ce travail un ou plusieurs cas d’études seront mobilisés, dont l’objectif sera de tester la faisabilité de cette articulation et les adaptations nécessaires.

Thèse 2 : Étude et application du modèle CARE à un cas d’exploitations viticoles

Doctorante : Valentine Prévot
Ecole doctorale : SHS-Université de Reims Champagne-Ardenne
Direction : Franck-Dominique Vivien (Directeur de thèse), Alexandre Rambaud (co-directeur)
Début : Octobre 2019

Problématique
Etudier la mise en application du modèle comptable CARE (Comprehensive Accounting in Respect of Ecology) (Rambaud & Richard, 2015 ; Richard, 2012 ; Richard, Bensadon, & Rambaud, 2018) dans le cas d’exploitations viticoles rémoises. Le terrain est fourni LVMH, partenaire de la chaire « Comptabilité écologique ».

Résumé du projet de thèse
La thèse étudie la mise en place du modèle comptable CARE dans le cadre d’exploitations viticoles rémoises. Pour cela, elle vise à :
-Fournir une étude du capital-sol et des coûts de maintien rattachés ;
-Mener une analyse économique, comptable et écologique de l’articulation entre le maintien du sol et son usage dans le cadre des exploitations viticoles, à partir du cadre conceptuel de CARE ;
-Croiser données financières et extra-financières (dans le cadre conceptuel de CARE) ;
-Approfondir théoriquement et méthodologiquement le modèle CARE.

Références
Rambaud, A., & Richard, J. (2015). The “Triple Depreciation Line” instead of the “Triple Bottom Line” : Towards a genuine integrated reporting. Critical Perspectives on Accounting, 33, 92–116.
Richard, J. (2012). Comptabilité et Développement Durable. Paris : Economica.
Richard, J., Bensadon, D., & Rambaud, A. (2018). Comptabilité financière (11e ed.). Dunod.

Mémoire de recherche 1 (Master 2) : COP 15 pour la biodiversité et comptabilité écologique : quelles synergies ?

Etudiant : Clément Boyer
Etablissement : Université Paris-Dauphine
Direction : Alexandre Rambaud (Directeur de mémoire), Clément Feger & Harold Levrel (co-directeurs)
Période : Avril-Septembre 2020

Sujet

Evaluer comment, dans le contexte décisionnel de la COP15, il est possible de faire des propositions en matière de comptabilité écologique qui puissent représenter un véritable levier de changement à différents niveaux de gouvernance. Cela se traduira par la construction d’une cartographie des initiatives institutionnelles en matière de comptabilité écologique en durabilité forte. Un temps important sera consacré aux interactions avec les porteurs académiques de la Chaire et avec d’autres acteurs travaillant sur ces sujets. Des liens seront faits entre les projets / ressources scientifiques de la Chaire et associés à la Chaire, et les enjeux politiques en termes de biodiversité, tels qu’ils sont portée dans le cadre de la COP de la CDB.
L’objectif est de produire un document qui mette en lumière :
- Les innovations/propositions qu’il est possible de recenser en 2020 en matière de comptabilité écologiques, aux trois échelles (organisation, écosystème, État) ;
- De discuter ces propositions au regard des objectifs fixés par la COP15 ;
- De mettre en avant l’adéquation ou l’inadéquation entre les objectifs de la COP15 pour la biodiversité et des propositions en matière de comptabilité écologique ;
- De faire des propositions émanent du projet scientifique de la chaire.

Développement et expérimentation de l’outil ESGAP en Nouvelle Calédonie

Développement et expérimentation de l’outil ESGAP en Nouvelle Calédonie, en collaboration avec l’Agence Française de Développement (AFD), WWF France, University College of London (UCL).

Chaire Comptabilité écologique :
Harold Levrel > Responsable du projet
Adrien Comte > Chercheur principal
Clément Surun > Appui technique

Periode : 2020-2021

Résumé du projet

Adrien Comte et Clément Surun réalisent une étude dont l’objectif est de construire un tableau de bord d’indicateurs de durabilité pour la Nouvelle-Calédonie, l’ESGAP (Environmental Sustainability Gap).
Cette étude est faite dans le cadre d’un partenariat de recherche avec l’AFD et le WWF, pour une durée de 6 mois. L’ESGAP, développé initialement par l’équipe de Paul Ekins (UCL), s’apparente à un système de comptabilité nationale simplifié car il vise une certaine exhaustivité et il existe une cohérence entre les indicateurs environnementaux choisis : durabilité de l’usage des ressources, niveau de pollution que l’environnement peut éliminer sans dommage, état de la biodiversité, impacts sur la santé humaine. De plus, la référence explicite à des objectifs scientifiques (limites planétaires, seuils de capital naturel critique) et les modalités d’agrégation de l’indicateur final classent l’ESGAP dans la durabilité forte. Un travail de terrain consiste à récolter les données nécessaires, adapter l’outil aux besoins locaux et discuter de sa pérennisation dans le temps. Ainsi, plusieurs indicateurs centraux vont être créés. La méthode et le pilote construit sera transmis aux acteurs locaux en vue d’une pérennisation.

Projets associés à la Chaire

Les projets associés à la Chaire représentent l’ensemble des projets impliquant un ou plusieurs membres de la Chaire, en collaboration avec une ou plusieurs structures partenaires ou non de la Chaire. Ces projets sont financés partiellement ou intégralement par le biais de financements externes, et portent sur des thématiques intéressant la Chaire, selon un principe de durabilité forte. Ces projets peuvent prendre la forme de groupes de travail, de projets de recherche (par le biais de thèses, de post-doctorats) ou d’organisation et d’animation de séminaires et colloques scientifiques.

Groupe de travail : Économie et biodiversité

Pilotage du groupe de travail (GT) « Économie et Biodiversité » en association avec l’Observatoire National de la Biodiversité (ONB)

Chaire Comptabilité écologique :
Harold Levrel > Co-animateur du GT, expert en économie de la biodiversité
Aurélien Oosterlinck > Co-animateur et coordinateur du GT, membre du comité éditorial de l’ONB

ONB :
Julien Massetti > Chef de projet stratégie des ONB
Stanislas Wroza > Chef de projet coordination opérationnelle de l’ONB

Periode : 2020-2022

Résumé du projet

Le groupe de travail « Économie et Biodiversité », lancé en octobre 2019 pour une durée initiale de 3 ans, se donne pour mission de développer des indicateurs économiques et opérationnels de la biodiversité, capables de :
- Rendre compte de la dépendance de l’économie à la biodiversité
- Assurer un suivi des pressions de l’économie sur la biodiversité
- Assurer un suivi des objectifs de politiques publiques en termes de biodiversité
- Communiquer sur les enjeux jugés centraux et prioritaires auprès du grand public et des décideurs
- Servir d’outils d’aide à la décision

Le groupe rassemble une large diversité d’acteurs, parmi lesquels : chercheurs, économistes, écologues, chargés de mission DD / RSE, membres du service statistique du ministère en charge de l’environnement, de l’Office Français pour la Biodiversité (OFB), de bureaux d’étude et de conseils.

Il se réunit 3 fois par an. Les indicateurs sont développés ou actualisés dans le cadre des réunions du GT puis soumis à évaluation et validation au comité éditorial de l’ONB, avant d’être publiés. L’ensemble des indicateurs est enfin passé au crible puis hiérarchisé, selon différents critères (pertinence, robustesse, objectivité), par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) dans le cadre du Conseil Technique et Scientifique (CRT). Les fiches indicateurs, ainsi que les autres productions du GT, sont publiés sur le site internet de l’ONB. > Indicateurs de l’ONB

Mémoire de fin d’études : "Réflexions théoriques sur l’articulation du modèle de comptabilité de gestion écosystème-centré avec le modèle CARE"

Etudiante : Maria Vio Bianca Coronel Fernandez
Etablissement : AgroParisTech
Direction : Clément Feger (directeur du mémoire), Alexandre Rambaud (co-directeur)
Période : Mai-Septembre 2020

Sujet

Il s’agit de poursuivre le travail déjà amorcé d’articulation entre l’approche des comptabilités de gestion écosystème-centrées et l’approche CARE. L’enjeu est d’avancer vers un système comptable hybride afin d’organiser la prise en compte et la conservation des entités naturelles du niveau de l’entreprise à la gestion collective des écosystèmes. Le travail contribuera a discuter les bases théoriques d’un tel rapprochement et à établir un premier schéma conceptuel articulant les deux modèles comptables proposés. Ce travail théorique sera illustré sur la base de cas simplifiés.

Post-doctorat - Projet MAIA

Chercheur de la Chaire : Harold Levrel (AgroParisTech, CIRED)
Chercheur associé : Adrien Comte, post-doctorant (CIRED)
Periode : 2019-2021

Résumé du projet

Le projet MAIA (Mapping and Assessment for Integrated ecosystem Accounting) est un projet de recherche européen qui a pour but d’expérimenter des comptes d’écosystèmes et de capital naturel et de les pérenniser dans les systèmes de comptabilité nationaux des pays membres de l’Union Européenne.

MAIA est un projet de recherche européen H2020, qui démarre en 2019 pour une durée de 4 ans. Coordonné par l’université Wageningen aux Pays-Bas, il regroupe des partenaires de 10 pays d’Europe, dont des organismes de recherche, mais également des instituts de statistiques et des organisations européennes (Eurostat par exemple). Le but du projet est de mener à bien des expérimentations de la méthodologie développée par les Nations Unis, le SEEA- EEA (System for Environment-Economic Accounting – Experimental Ecosystem Accounts) afin de raffiner cette méthodologie pour mieux connecter les évaluations des écosystèmes à la comptabilité économique classique. Ce but se décline en quatre objectifs :

1) Établir des réseaux nationaux et internationaux entre les instituts statistiques, les autres branches des gouvernements, et les experts travaillant sur l’économie écologique et les écosystèmes.
2) Tester et évaluer les approches en cours de développement pour compiler des comptes dans le cadre du SEEA-EEA des Nations Unis.
3) Produire des documents techniques et partager les expériences pour améliorer le développement de comptes d’écosystèmes.
4) Améliorer l’accès aux bases de données nécessaire au développement de la comptabilité des écosystèmes.

Des études de cas dans les pays partenaires seront conduites pour mener à bien ces quatre objectifs. En France, AgroParisTech, dans le cadre d’une collaboration entre le laboratoire CIRED, le Ministère pour la Transition Ecologique et Solidaire, ainsi que d’autres partenaires académiques et publiques, va réaliser une étude sur la comptabilité des écosystèmes marins. Il s’agira de développer des comptes d’étendue des écosystèmes marins, de leur condition, et du coût économique de la dégradation de ces écosystèmes.

La réunion de lancement du projet a eu lieu à l’Université Wageningen, aux Pays-Bas, du 30 au 31 janvier 2019. Cette réunion a permis à tous les partenaires Européens de se rencontrer, de programmer les activités du projet, de coordonner entre les équipes pour collaborer efficacement, et d’échanger sur les expérimentations en cours dans les différents pays membres de l’Union Européenne.